Votre bébé pleure tous les soirs à la même heure, se tortille, devient rouge et rien ne semble le calmer ? Il est possible qu’il souffre de ce que l’on appelle les coliques du nourrisson. Fréquentes durant les premiers mois de vie, elles inquiètent souvent les jeunes parents… à juste titre. Dans cet article, nous allons décrypter les signes de coliques chez le nourrisson, comprendre leurs causes possibles, et surtout vous donner des solutions concrètes pour soulager bébé au quotidien. Parce que des pleurs inexpliqués ne doivent jamais rester sans réponse.
Qu’est-ce que les coliques du nourrisson ?
Les coliques du nourrisson ne sont pas une maladie en soi, mais plutôt un syndrome transitoire et fréquent qui touche environ 1 bébé sur 4 entre la 2e semaine et le 3e mois de vie.
On parle de coliques lorsqu’un nourrisson en bonne santé présente :
- Des pleurs intenses, souvent en fin de journée ou la nuit
- Qui durent plus de 3 heures par jour
- Au moins 3 jours par semaine
- Sur une période d’au moins 3 semaines
Ces épisodes sont souvent impressionnants : le bébé devient tout rouge, serre les poings, replie les jambes sur son ventre et semble inconsolable.
💡 Bon à savoir : malgré leur nom, les coliques ne sont pas systématiquement liées à des gaz ou à une digestion difficile. Elles correspondent plutôt à une immaturité neurologique ou digestive passagère.
Quels sont les symptômes de la colique du nourrisson ?
Les coliques du nourrisson se manifestent principalement par des pleurs soudains, intenses et répétés, souvent difficiles à calmer. Ces épisodes surviennent généralement en fin de journée ou en soirée, à horaires réguliers, et peuvent durer de longues minutes à plusieurs heures.
Des pleurs intenses et rythmés
Contrairement aux pleurs classiques de faim, de fatigue ou d’ennui, les coliques déclenchent des cris plus puissants, plus stridents et accompagnés d’une réelle agitation. Bébé semble inconfortable, malgré les tentatives de réconfort.
Un bébé qui se tortille ou durcit son ventre
- Le nourrisson plie ses jambes sur son abdomen
- Son ventre est souvent tendu ou gonflé, signe de spasmes digestifs
- Il resserre ses poings, s’agite, ou arque le dos en pleurant
- Il devient rouge au visage et semble en détresse
Ces manifestations peuvent être impressionnantes mais restent sans gravité, à condition que bébé se calme entre les crises, continue de boire normalement, et prenne du poids.
💡 Certains bébés vont même jusqu’à évacuer des gaz durant ou après les pleurs, ce qui semble parfois les soulager. Cela alimente l’idée (partiellement vraie) que les coliques seraient liées à une gêne intestinale.
Quelles sont les causes des coliques ?
Malgré de nombreuses études, les causes exactes des coliques du nourrisson restent encore floues. Ce qui est certain, c’est qu’elles ne sont pas liées à une maladie ou à une mauvaise alimentation de la mère. Plusieurs hypothèses sont avancées, et elles peuvent coexister chez un même bébé.
Une immaturité du système digestif
Le tube digestif du nourrisson est encore en phase d’apprentissage. L’intestin est parfois lent à digérer certains composants du lait, ce qui peut provoquer des gaz, des spasmes ou une sensation de gêne. Cela expliquerait les pleurs typiques après les repas.
Un système nerveux encore immature
Bébé est sensible à tout : lumière, bruits, émotions… Son système nerveux encore jeune a parfois du mal à gérer tous ces stimuli. Les coliques seraient alors un “trop-plein” émotionnel exprimé par des pleurs en fin de journée, moment de relâchement.
Une allergie ou intolérance alimentaire
Dans certains cas (plus rares), les coliques peuvent être liées à une allergie aux protéines de lait de vache (APLV), notamment chez les bébés nourris au lait infantile classique. D’autres sensibilités digestives peuvent aussi entrer en jeu (reflux, intolérance au lactose…).
Un lien avec des migraines infantiles ?
Des chercheurs évoquent une possible connexion entre les coliques et une prédisposition aux migraines. Les bébés sujets aux coliques auraient un système sensoriel plus réactif, ce qui les rendrait plus sensibles à la douleur ou à l’inconfort.
💡 Quelles que soient les causes, les coliques ne sont pas de votre faute. Elles ne sont ni la conséquence d’un mauvais allaitement, ni d’un manque de compétences parentales. Elles reflètent une étape de développement… certes éprouvante, mais temporaire.
Quelles sont les complications possibles des coliques du nourrisson ?
Les coliques ne présentent aucun danger direct pour le bébé. Elles sont douloureuses à observer, mais ne laissent pas de séquelles. En revanche, ce sont souvent les parents qui en souffrent le plus, émotionnellement et physiquement.
Une source d’épuisement parental
Les pleurs quotidiens, répétés, parfois interminables, peuvent générer un profond sentiment d’impuissance chez les parents. Cela peut conduire à :
- Une fatigue intense et une dette de sommeil
- Un stress chronique, parfois une anxiété parentale
- Un sentiment d’échec ou de culpabilité
Le risque du syndrome du bébé secoué
Dans les cas extrêmes, face à des pleurs incessants, certains parents ou proches peuvent perdre le contrôle. Cela peut mener à un geste dramatique : secouer le bébé pour “le faire taire”.
⚠️ Le syndrome du bébé secoué est une urgence médicale vitale. Il peut provoquer des lésions cérébrales irréversibles, voire la mort. Il est donc crucial d’en parler, sans tabou :
- Si vous vous sentez à bout, posez le bébé en sécurité et sortez de la pièce quelques minutes.
- N’hésitez jamais à demander de l’aide à un proche, à un professionnel ou à appeler un service de soutien parental.
💡 Les coliques sont temporaires, mais l’impact émotionnel peut être profond. Il est donc essentiel que les parents se sentent accompagnés, compris et soutenus.
Quand consulter un médecin ?
Dans la majorité des cas, les coliques du nourrisson sont bénignes et passent d’elles-mêmes autour du 3e ou 4e mois. Néanmoins, il est important de consulter un professionnel de santé si certains signes accompagnent les pleurs ou si vous avez le moindre doute.
Les situations qui nécessitent un avis médical
- Votre bébé refuse de s’alimenter ou vomit fréquemment
- Il perd du poids ou ne prend pas suffisamment
- Il présente des fièvres, selles inhabituelles ou sanglantes
- Les pleurs sont inconstants ou d’une intensité anormale
- Vous ressentez une inquiétude constante ou un épuisement physique/émotionnel
Un pédiatre pourra vérifier que tout va bien sur le plan digestif et vous aider à écarter d’autres causes de pleurs (reflux, allergies, otites, infections, etc.).
💡 Faire appel à un professionnel n’est pas un aveu d’échec. Au contraire, c’est une preuve de vigilance, de bienveillance et de responsabilité. Vous méritez autant d’écoute que votre bébé.
Conclusion : les coliques, un passage difficile… mais temporaire
Voir son bébé pleurer sans parvenir à le consoler est une expérience bouleversante. Pourtant, les coliques font partie des étapes courantes – et souvent sans gravité – des premiers mois de vie. Même si elles sont éprouvantes, elles ne durent pas éternellement.
En comprenant mieux les signes, en testant des astuces adaptées à votre enfant, et surtout en vous entourant, vous traverserez cette phase plus sereinement. Rappelez-vous : vous n’êtes pas seuls. Un professionnel de santé est là pour vous écouter, vous guider et vous rassurer.
Votre bienveillance, votre patience, vos bras rassurants… c’est déjà le plus beau des remèdes pour votre bébé.